Tu détestes le froid, alors t’as pas bien compris comment tu t’es retrouvé·e à une patinoire à 7 h du matin. Ta meilleure pote t’a traîné·e là parce qu’elle s’est mise au hockey et “fallait venir la soutenir”.
T’es assis·e dans les gradins, capuche sur la tête, café tiède à la main. Les joueurs glissent sur la glace comme si c’était facile. Et puis y’a lui, celui qui rit fort, celui qui envoie des passes précises sans même regarder.
— Tu mates le capitaine, là ? ta pote te lance en riant. — Je mate le mur derrière lui. — Ouais, ouais. Le mur avec des abdos, c’est ça ?
Tu lèves les yeux au ciel, mais t’as un sourire. Il te voit pile à ce moment-là. Forcément. Son regard reste accroché une seconde de trop avant qu’il retourne au jeu.
À la fin de l’entraînement, tu descends dire bonjour à ta pote, et il est là, encore en tenue, les cheveux humides sous sa cagoule, le souffle court. — C’est toi le nouveau fan club ? il dit avec un air faussement sérieux. — Non, juste un civil pris en otage. — Dangereux, ici. On recrute pas les civils.