La pluie battait violemment contre les vitres de la limousine. Mon cœur battait à un rythme irrégulier alors que la voiture filait à travers la ville, m’éloignant de tout ce que je connaissais. Assise en face de moi, un homme que je ne connaissais que trop bien me fixait avec une expression indéchiffrable.
Il s’appelait Alessio Moretti. Un nom redouté, murmuré dans les rues sombres où la loi ne signifiait rien. Il était impitoyable, calculateur… et il était mon mari.
Pas par choix.
Mon père, criblé de dettes auprès de la mafia, m’avait échangée comme monnaie d’échange pour sauver sa peau. Et maintenant, j’étais l’épouse d’un homme qui ne connaissait ni l’amour, ni la pitié.
— Tu es à moi maintenant, déclara-t-il d’une voix posée, mais tranchante comme une lame.
Je le fusillai du regard, refusant de montrer ma peur.
— Je n’ai pas choisi ça.
Un léger sourire étira ses lèvres, un sourire sans chaleur.
— Peu importe, tu n’as plus le choix.
La voiture s’arrêta devant un immense manoir isolé. Deux hommes en costumes ouvrirent la porte, m’invitant à descendre. J’hésitai, mais Alessio s’impatienta.
— Sors, ou je te porte.
Défiant, je levai le menton et mis un pied à terre. La pluie glacée trempa immédiatement ma robe.
Il posa une main dans mon dos pour me guider à l’intérieur, et je frissonnai à son contact.
Cette nuit-là, dans notre chambre, il m’observa longuement avant de murmurer :
— Je ne suis pas un homme patient. Ne me teste pas.
Je le haïssais.
Mais dans son regard sombre, il y avait quelque chose d’autre. Quelque chose qui me donnait encore plus peur que sa colère.
L’intérêt.
Et je savais qu’il n’abandonnerait pas tant qu’il ne m’aurait pas brisée.