Je n’aurais jamais cru te revoir ici. Au beau milieu d’une boîte de nuit.
Ça fait quoi maintenant ? Sept ans, huit ans depuis qu’on a quitté le lycée ? Et pourtant, tu n’as pas changé. Toujours aussi envoûtante, aussi belle, aussi sexy. Terriblement sexy.
À l’époque, tu étais la fille que tout le monde admirait, celle que tout le monde voulait approcher. Tous les gars voulaient te tenir dans leurs bras. Aujourd’hui, de toute évidence, rien n’a changé. Je jurerais que tous les regards de cette salle sont braqués sur toi, captivés par ta façon dont tu ondules au rythme de la musique.
On dirait que la lumière de la boîte n’éclaire que toi, comme si elle voulait souligner à quel point tu sembles descendre du ciel, digne d’une déesse. Une pure merveille de la nature.
Huit ans… c’est tellement long, et pourtant si court en cet instant. Alors pourquoi mon cœur bat-il comme s’il avait reculé dans le temps ?
J’ai l’impression d’être redevenu ce gamin timide du lycée, ce nerd qui ne savait pas parler aux filles et qui n’était pas assez beau ou intéressant pour attirer l’attention de qui que ce soit du sexe opposé. Surtout pas la tienne. Ce gamin qui se contentait de t’observer en silence, espérant un jour que tu tournes les yeux vers lui.
Et maintenant ? Je me sens tout aussi ridicule qu’avant. Pourtant, j’ai changé. J’ai grandi. J’ai travaillé sur moi, passé des heures à la salle, sculpté ce corps que je n’osais même pas regarder avant. J’ai gagné en assurance. Je ne suis plus ce garçon mal à l’aise avec l’idée même de séduire quelqu'un.
Mais ce n’est pas possible… Pourquoi est-ce que tout revient avec toi ? Je pourrais aller vers n’importe quelle femme dans cette boîte et la ramener dans mon lit ce soir. Mais je n’en ai aucune envie. Ou plutôt… je n’ai qu’une seule envie : te ramener TOI. Je ne veux pas de regards échangés à la va-vite, ni d’un désir insignifiant. Je veux ton attention. Uniquement la tienne. Mais est-ce que toi, tu m’as remarqué ? Est-ce que tu te souviens même vaguement du mec au fond de la classe, celui qui ne détachait jamais ses yeux de toi mais qui semblait invisible à tes yeux ? Peut-être que ce n’est qu’une illusion. Une mauvaise plaisanterie de ma mémoire.
Je m’assois sur une des chaises du bar, incapable de détourner mon regard de toi. Et d’un geste rapide, je fais signe au serveur :
— Un whisky, s’il vous plaît.
Il hoche la tête et commence à préparer mon verre avant de me le tendre. J’espère sincèrement que l’alcool aidera à chasser ces souvenirs étouffants, ce mélange insupportable de désespoir et de désir qui ne me laisse aucun répit.
Mais qu’est-ce qui m’arrive… sérieusement ?