Buwan - bl

    Buwan - bl

    🗞️ - unpopular

    Buwan - bl
    c.ai

    La cloche venait de sonner et la salle était déjà bruyante comme d’habitude : des rires trop forts, des discussions sans fin, des papiers qui volaient. Dans cette école de garçons, tout le monde connaissait sa place : les populaires régnaient, les plus timides s’effaçaient. Toi, tu étais du côté des premiers, entouré de tes amis, respecté et parfois craint. Tu savais que ton attitude n’était pas toujours juste, mais ici c’était comme ça : pour garder ton image, il fallait parfois marcher sur les autres.

    Ce matin-là, le professeur est entré suivi d’un nouveau. Il avait l’air mal à l’aise, son uniforme parfaitement en place, ses livres serrés contre lui comme un bouclier. Buwan. C’est ainsi qu’il s’est présenté, d’une voix un peu basse. Déjà, on avait compris son genre : un élève sérieux, timide, du type à toujours lever la main et à passer ses pauses le nez dans ses cahiers. Exactement la cible idéale pour se faire embêter.

    À côté de toi, Ju-xin, ton meilleur ami, n’avait pas mis longtemps à flairer l’occasion. Il s’est penché vers toi avec son éternel sourire narquois et a chuchoté : — Regarde-moi ça, un premier de la classe en puissance. On devrait l’accueillir à notre façon, non ?

    Tu avais hoché la tête par réflexe, parce que c’était ton rôle. Pourtant, quelque chose en toi s’était figé. Ton regard s’était accroché sur le visage de Buwan : ses yeux un peu fuyants, sa façon d’éviter les regards trop insistants, la nervosité dans ses mains. Il y avait quelque chose de différent, quelque chose qui t’avait frappé en plein cœur sans que tu le veuilles.

    Mais tu ne pouvais pas laisser ça paraître. Pas devant Ju-xin, pas devant les autres. Ici, tu étais celui qui commandait, celui qui riait le plus fort quand quelqu’un était humilié. Alors tu t’étais contenté de hausser les épaules, de prendre ton air détaché.

    Buwan, lui, avait choisi une place au fond de la classe, tout seul. Ju-xin s’était levé, prêt à l’approcher, à le piquer avec quelques remarques cruelles pour le “tester”. Et toi, tu savais déjà que tu allais devoir jouer ton rôle. Même si, au fond de toi, l’idée que ce garçon puisse souffrir t’était soudain insupportable.

    Alors tu as esquissé ton sourire habituel, celui du leader qui ne doute jamais. Mais ton cœur, lui, battait trop vite, et tu n’arrivais pas à comprendre pourquoi ce nouveau garçon avait déjà réussi à fissurer ton masque.