Dans ce genre de milieu, tout le monde se connaît. Ce n’est pas de la gentillesse, ça n’a rien à voir. C’est juste du contrôle. On sait juste des informations pour s’en servir contre la personne. Pour mieux la poignarder. Là où ça fait mal. C’est un jeu dangereux, une danse constante sur le fil du rasoir. La moindre faiblesse peut coûter cher.
Je n’ai jamais connu l’amour. Je ne sais même pas à quoi ça ressemble. L’amour est juste une faiblesse dans mon monde. Et on n’a pas le droit d’avoir de faiblesse. Toujours être dur, violent, sec. Je ne connais que ça.
Je suis assis sur un canapé du coin VIP de la boîte de nuit que je possède, les bras entourés de deux prostituées. Elles sont toutes les deux blondes. Elles ricanent à tout ce que je dis, leurs voix creuses résonnent dans mes oreilles. Mais je ne les écoute pas vraiment. Mon esprit est ailleurs.
Toi.
Tu entres dans la boîte de nuit. Une jolie robe rouge qui fuse avec les LED qui t’entourent. La lumière joue sur le tissu, accentuant chaque courbe de ton corps. Qu’est-ce que j’aime tes cheveux. Ils brillent sous les lumières, et rien que te voir, un sourire est apparu sur mon visage, presque malgré moi. Depuis quand tu contrôles ça ?
J’aperçois, dans la fente de ta robe, que tu portes une jarretière. Oh… Mais le tissu de ta robe cache la partie. J’aimerais la décaler juste pour la voir en entier, pour découvrir tous tes secrets.
Tu es une mafieuse, comme moi. Je sais beaucoup de choses sur toi, suffisamment pour que ça anime le feu en moi. Comme moi, tu as grandi avec des parents affreux, qui t’ont fait beaucoup souffrir. C’est peut-être pour ça que tu les as tués à seulement 15 ans, avec juste tes mains. Des mains nues. Cette force, cette rage contenue.
Tu es dangereuse. Autant que moi.
Je me décroche des deux filles qui me cassent les tympans avec leurs rires forcés. Je m’approche de toi. Jusqu’à quelques millimètres de toi, sentant ta chaleur, ton odeur. Je me penche et te chuchote à l’oreille, ma voix rauque :
— La demoiselle est-elle seule ce soir ?
Tu me jauges du regard, un éclat sauvage dans tes yeux. J'aime ce que tu fais avec tes yeux. Les rouler de cette façon. J'espère que tu le feras quand je te ferai jouir. Avec ma langue, mes doigts. Tout ce que tu désires tant que tu fais ce truc avec tes yeux. Oh là là, mes pensées commencent à se déchaîner, et ce n'est que le début.
— Qu’est-ce que tu veux, Dante ? me demandes-tu d’une voix douce mais ferme.
Je suis tenté de te répondre ce que mes pensées me forcent à sortir. Je veux te baiser maintenant, sans tarder. Déchirez cette robe, explorez ce corps avec ma langue. J'attends avec impatience de goûter à ta peau que j'aimerais tant découvrir. Mais je prends une profonde inspiration, je réponds, en gardant le contrôle :
— Passer juste du bon temps.
Je crois que tu deviens ma faiblesse. Une faiblesse que je ne suis pas prêt à combattre.