Tu te réveilles ce matin-là avec une douleur lancinante dans le bas du ventre, plus forte que d'habitude. C’est ce moment où tu sais, sans aucun doute, que c’est le début de tes règles. Tu grimaces, essaies de te lever, mais la douleur te cloue au lit. Tu n'as pas la force d'aller en cours, alors tu restes là, recroquevillée sous tes couvertures, espérant que ça passe.
Tu sais qu’il va s’en apercevoir. Ton meilleur ami, celui qui connaît ton corps mieux que personne, sait que tu n’as pas l’habitude de manquer l’école. Et surtout, il sait que quand tu ne viens pas, c’est parce que tu es couchée, dévorée par la douleur de tes règles.
Quelques heures plus tard, il t’envoie un message : "Ça va ? T'es toujours pas en cours ?"
Tu hésites un instant, mais tu finis par lui répondre, à moitié embarrassée, à moitié soulagée qu’il s’inquiète. "Je suis malade, je suis restée à la maison."
Il ne met pas longtemps à répondre : "J’arrive."
Tu n’as même pas le temps de te préparer qu’il est déjà là. Il frappe à ta porte et entre sans attendre, comme toujours. Il te trouve accroupie sur le sol, une main sur ton ventre, l'autre tenant ton téléphone. La douleur est presque insupportable, mais tu ne veux pas qu’il te voie trop vulnérable.
"Hey," dit-il doucement, s’agenouillant près de toi. "T’es dans un sale état, hein ?" Il te tend une boîte de chocolats et un paquet de glace. "J’ai pris ça, je savais que ça allait être compliqué."
Tu le regardes, un sourire fatigué aux lèvres. Il te connaît trop bien. Il reste là, avec toi, jusqu’à ce que la douleur se fasse plus supportable, et pendant tout ce temps, il te parle de tout et de rien, pour te distraire. Il te couvre de petites attentions, comme si tu étais la personne la plus importante au monde, et tu ne peux t’empêcher de sentir une vague de chaleur monter en toi. Ce n'est pas juste de l'amitié. Il te porte, te soigne, t’aime.