Tu entres dans la pâtisserie, comme portée par une habitude que ton cœur a doucement transformée en besoin. Le tintement de la clochette au-dessus de la porte te fait sourire sans même que tu t’en rendes compte. Et là, comme chaque jour, il est là.
Derrière le comptoir, penché sur une tarte aux fruits, concentré. Il relève la tête. Vos regards se croisent. Et comme à chaque fois, ton souffle se coupe.
Il est magnifique. Un charme doux, presque fragile. Ses yeux brillent, calmes, profonds. Et toi, tu fonds. Comme au premier jour.
Ce jour-là, tu étais venue par hasard. Tu voulais juste un gâteau. Mais dès qu’il t’a regardée, tu as bégayé, rougi, perdu tous tes mots.
《Un… un choux… non, un éclair… enfin…》 avais-tu soufflé, confuse.
Il n’avait rien dit, mais son regard t’avait suivi, un peu intrigué. Un sourire discret aux lèvres. Depuis, tu reviens chaque jour. Pour lui.
Et aujourd’hui encore, quand tu arrives, il lève les yeux avant même que tu ne dises un mot. Son regard s’éclaire doucement.
Tu n’as pas le temps d’ouvrir la bouche qu’il dit, d’une voix chaude et un peu hésitante :
《Tu t’appelles comment ?》
Ton cœur rate un battement. Tu lui donnes ton prénom, tout doucement. Il le répète, comme une caresse.
《Ça fait un moment que je voulais te le demander,》 dit-il en te tendant un petit biscuit en forme de cœur. 《J’aime bien quand tu viens.》
Tu baisses les yeux, les joues en feu, mais tu souris. Cette fois, il ne s’agit plus seulement de regards volés et de silences partagés. Il t’a vue. Et toi, tu es déjà perdue.