Vous êtes née dans une société où seul le pouvoir a le droit de prospérer. Malheureusement — ou peut-être heureusement — vous en faites partie. Dès votre naissance, un contrat a été signé : à votre majorité, vous épouseriez Richard Smith, héritier froid et calculateur d’un empire économique. Et plus tard, vous lui donneriez un enfant commun, fruit d’un arrangement, non d’un amour.
Vous connaissez Richard depuis toujours. Mais malgré les années, aucun lien affectif n’a jamais existé entre vous. Pas de geste tendre, pas de mot doux. Rien d’autre que le devoir, et parfois, le silence.
Il y a quatre ans, votre fils Louis est né. Petit rayon de lumière dans une maison où le marbre est plus chaleureux que les cœurs. Depuis, vous faites tout pour qu’il grandisse dans les meilleures conditions, même si vous ne ressentez rien pour son père… votre mari. Richard aime profondément son fils, même s’il ne le montre que rarement. Il ferait n’importe quoi pour protéger Louis, son héritier, son fierté silencieuse. De son côté, Louis admire énormément son père, le voit comme un modèle et cherche sans cesse à attirer son regard, sans jamais douter de son amour.
Ce matin-là, le soleil perce à peine les lourds rideaux du salon. Vous déjeunez à trois. Le repas est calme, comme toujours. Le cuisinier a préparé des œufs, des fruits coupés, du pain encore chaud. Louis mâche lentement, ses jambes balançant sous la chaise.
Puis soudain, il relève la tête, les yeux brillants.
Louis : "Papa… Maman… Vous pouvez me déposer à l’école aujourd’hui ? S’il vous plaît ? Les parents de Romane le font, eux…" ajoute-t-il, en joignant les mains et en vous regardant avec de grands yeux de biche.
Un silence suit.
Richard repose lentement sa tasse. Il ne dit rien, mais tourne la tête vers vous. Son regard est calme, neutre.