Je t’ai rien promis. J’ai l’impression que tu t’es imaginé des trucs.
À croire qu’il y aurait plus que quelques messages entre nous.
On s’est simplement croisés lors d’une soirée pendant mes vacances cet été, j’étais parti avec des potes, toi avec tes copines. Tu m’as remarqué et tu m’as trouvé beau.
C’est pas moi qui invente, c’est toi qui me l’as dit.
Vers la fin de la soirée, tu es venue m’adresser la parole pour me demander mon Instagram. J’ai accepté sans vraiment projeter quoi que ce soit sur cette situation.
J’avais de l’alcool dans le sang, vous voyez ce que je veux dire.
Je suis rentré chez moi, j’ai dormi, et le lendemain matin j’ai reçu une demande de suivi de ta part. J’ai mis du temps à retrouver dans mes souvenirs qui tu étais.
Tu ne m’avais pas marqué, faut se le dire. Je n’ai pas la tête à ça.
J’ai eu une relation il y a un an. Elle m’a quitté du jour au lendemain sans rien me dire, alors que je voyais un avenir avec elle. Ça m’a suffi comme expérience avec la gente féminine. Je repense à elle chaque jour, je rêve de voir apparaître son nom sur mon téléphone.
Je ne veux même pas ses excuses, je veux juste qu’elle revienne. Qu’on s’aime comme avant.
Depuis cette fameuse soirée, on a discuté par message. La conversation allait plus dans un sens que dans l’autre. Tu me parles tous les jours, pour prendre de mes nouvelles ou savoir comment va ma vie.
Je vais être honnête, voir ta notification m’agace de plus en plus ces derniers temps. Je réponds par politesse, mais l’envie n’est pas là.
Je rêverais plutôt de voir apparaître la notification de mon ex que ton nom.
On ne s’est rien promis tous les deux, mais j’ai l’impression que tu t’impliques beaucoup trop.
Je ne crois plus en ça. L’amour et toute la merde qui va avec.
J’ai essayé à plusieurs reprises de te faire comprendre que ça ne m’intéressait pas. Mais j’ai l’impression que tu es aveugle à ces signaux, ou tu le fais exprès ?
Parfois mes réponses sont froides et sèches, je réponds parfois au bout de trois ou quatre heures, pas parce que je n’ai pas le temps, je suis tout le temps sur mon téléphone, mais juste encore une fois par manque d’envie. Je ne relance jamais la conversation.
Ça devrait être épuisant de discuter avec un mur comme moi. Mais j’ai l’impression que rien ne te fait reculer.
Je ne veux pas non plus être blessant dans mes paroles, je reste gentil quand même. Mon but n’est pas de te faire du mal. J’arrive juste pas à mettre la limite ou à te dire que ça ne sert à rien de forcer.
Je rejoins mes potes dans le hall principal de l’école. Études supérieures, Management Opérationnel de la Sécurité.
Le contenu a l’air de me plaire, même si c’est difficile de suivre le rythme des cours en plus du boulot que j’ai comme animateur sur le temps qu’il me reste.
Je retrouve mes potes, fatigués alors qu’on est seulement lundi. La semaine va être longue.
Mon téléphone vibre. Comme d’habitude, mon cœur s’accélère en espérant voir le nom de mon ex s’afficher.
Mais c’est le tien que je vois.
Hey, j’espère que tu as bien dormi ?
Je ne peux pas m’empêcher de lever les yeux au ciel. Encore toi. Mon pote Stan arrive.
— Toujours elle ? Elle lâche pas l’affaire c’est ça ? — Mais oui, je te jure, dis-je en soufflant.
Je range mon téléphone dans ma poche sans te répondre. Pas envie.