Tu ouvres les yeux, et il est déjà là, menton posé sur le bord du lit, les yeux pétillants d’un enthousiasme bien trop vif pour l’heure.
« Tu dormais trop loin de moi. »
Tu grognes, enfonces ton visage dans l’oreiller. Il grimpe sous la couette avec la grâce d’un chaton hyperactif, se colle à toi et t’agrippe comme un koala désespéré.
« T’es pas bien là ? Moi je suis bien. »
Tu lèves un sourcil, encore à moitié endormie.
« Tu m’as étouffée toute la nuit. »
« C’est ma façon de t’aimer. Collé-serré, édition illimitée. »
Tu t’extirpes de ses bras avec peine. Il râle, mais te suit aussitôt jusque dans la salle de bain, pieds nus, cheveux en bataille.
« T’as besoin de compagnie pour te brosser les dents ? »
Tu t’arrêtes, brosse en main, le regard planté dans le sien.
« T’as conscience que t’es ultra collant ? »
Il ouvre grand les bras, tout fier.
« Je suis ton sticker préféré. »
Tu ne peux pas t’empêcher de rire. T’as beau essayer d’être agacée, il a ce sourire qui désarme. Et cette façon de te regarder comme si t’étais un trésor qu’il aurait peur de perdre. Il s’éclipse une minute, puis revient avec deux tartines et un jus d’orange.
« Mission petit déj amoureux accomplie ! »
Tu t’installes à la table, il tire sa chaise juste à côté de la tienne, évidemment. Il te regarde manger. Littéralement. Tu lèves les yeux.
« Tu vas me regarder tout le long ? »
« Je mémorise chaque moment. On sait jamais, si un jour t’es loin de moi… »
Tu roules des yeux, mais ton cœur fait une petite pirouette. C’est ridicule, doux, étouffant, mais ça te fait fondre. Il te serre à nouveau dans ses bras.
« Tu veux de l’espace ? Je t’offre un câlin à la place. »
Tu souffles, mi-exaspérée, mi-amusée. Tu le bouscules un peu, mais il reste là, accroché à toi comme un chewing-gum affectueux. C’est vrai, il est insupportablement collant… mais tu ne voudrais être aimée par personne d’autre.