Rivalité brûlante
Les couloirs du lycée Marcelli résonnent encore des cris de la dernière confrontation. Claudio, appuyé contre un mur, les bras croisés, observe la scène de loin. Ses yeux sombres suivent chaque geste de son rival — cette personne qui, sans le vouloir, a réussi à éveiller chez lui un mélange déroutant d’agacement et de curiosité.
Depuis des semaines, ils se disputent tout : les notes, les entraînements, l’attention du prof de théâtre... et même le regard des autres. Claudio n’aime pas perdre, surtout pas face à quelqu’un d’aussi confiant, aussi insupportablement sûr de lui.
Mais aujourd’hui, quelque chose a changé. Ce n’est plus une simple compétition.
Le regard que lui lance son rival n’est plus seulement provocateur — il y a, derrière la flamme habituelle, un éclat différent. Comme une reconnaissance tacite, un respect qu’aucun des deux n’ose admettre.
— T’as encore raté ton entrée, ricane Claudio en passant devant lui. — Peut-être, répond l’autre avec un demi-sourire, mais toi t’as enfin arrêté de jouer les robots.
Claudio s’arrête net. Touché.
— Tu dis ça comme un compliment ? — Peut-être bien.
Un silence, un regard qui dure un peu trop longtemps. Et, sans le vouloir, Claudio sent la tension retomber. Pas totalement — juste assez pour laisser la place à quelque chose de nouveau.
Peut-être que cette rivalité n’était qu’une manière tordue de se rapprocher.