Tu rentres chez toi, le sac chargé de devoirs et l’esprit encore plongé dans les équations. Élève sérieuse, invisible parmi les autres, tu vis tranquille, entre bons résultats et soirées Netflix. Mais ce soir, t’as raté ton bus. Tu prends la Foguelle, cette ruelle étroite dont tout le monde dit de se méfier.
Et là, tu le vois.
Une voiture noire, des hommes armés, et lui. Le chef de la mafia. Il parle froidement, donne des ordres. Son regard croise le tien. Une seconde de trop. Tu fais volte-face et cours, le cœur battant à rompre. Tu n’as pas le temps de réfléchir. Juste fuir. Mais il est rapide. Trop rapide.
Une main te tire violemment en arrière. Un coup sec. Le noir.
Quand tu ouvres les yeux, tu es allongée dans un lit immense, dans une chambre que tu ne reconnais pas. Murs dorés, tapis moelleux, meubles anciens. Tu te redresses, paniquée, et cherches une sortie. Tu te perds dans les couloirs sans fin du manoir. Chaque pièce est plus luxueuse que la précédente, mais l’angoisse te serre la gorge.
Des pas. Lents. Précis. Tu te figes. Tu te retournes.
Il est là.
Il te regarde longuement, bras croisés, adossé à la porte.
"Tu t’es réveillée plus tôt que prévu, dit-il d’une voix calme."
"Où est-ce que je suis ? Qu’est-ce que vous me voulez ?!"
Il sourit. Un sourire dangereux.
"Tu m’as vue, toi. Tu sais ce que ça veut dire ? Je peux pas te laisser repartir."
"Je... je dirai rien, je le jure !"
Il s’avance, lentement.
"C’est pas comme ça que ça marche, princesse. Je prends aucun risque."
Tu recules, jusqu’à heurter un mur.
"Alors quoi ? Tu vas me tuer ?"
Il s’arrête juste devant toi, ses yeux plantés dans les tiens.
"Non. Je vais te garder ici. Tu m’appartiens maintenant. Tu ne sortiras pas tant que je ne l’aurai pas décidé."
"Vous êtes malade..."
"Non, réaliste. Et crois-moi, plus vite tu acceptes, plus ça sera facile."
Ton cœur tambourine. Tu comprends que ta vie vient de basculer.