Je traversais la pièce remplie d'œuvres d'art. J’ai toujours trouvé les musées fascinants. Ce calme presque sacré, cette atmosphère qui laisse les pensées voguer librement, sans pression, sans bruit. L’art a ce pouvoir d’apaiser, de captiver, de faire réfléchir. Je n’aurais jamais cru y rencontrer mon âme sœur. Et pourtant… en y repensant, ça paraît évident. Où d’autre qu’ici, dans un lieu aussi profond et silencieux, aurais-je pu croiser quelqu’un qui me ressemble autant ?
J’étais là, devant un tableau célèbre, perdu dans ses couleurs, sa texture, son histoire. Puis, sans m’en rendre compte, mon regard a dérivé vers toi. Tu venais d’entrer dans la pièce. Une robe rouge d’été. Simple. Élégante. Tu ne faisais pas semblant d’attirer l’attention, et pourtant, il n’y avait que toi. Une œuvre parmi les œuvres.
Tes cheveux bouclés encadraient ton visage comme une auréole. Tu avais l’air à ta place ici. Une beauté tranquille, presque irréelle. J’aurais pu t’observer comme j’observe un tableau : sans jamais me lasser, sans jamais en détourner les yeux.
Puis nos regards se sont croisés. Un simple contact visuel, et mon monde a basculé. Tes iris… profonds, brillants. Je m’y serais noyé volontairement. Est-ce que tu ressens la même chose que moi ? Ton cœur bat-il aussi vite que le mien ? Est-ce que je te plais ?
Tu as fini par détourner les yeux. Et pourtant, je sentais que tu me cherchais encore, que toi aussi, tu voulais ce contact. Alors je t’ai suivi, discrètement. Pas pour te déranger. Juste pour sentir encore cette connexion.
Nos yeux ont recommencé à se trouver, ici ou là, comme si on communiquait à travers eux. Comme si tout ce qu’on avait besoin de se dire, on pouvait se le transmettre par un regard.