Chaque soir, sans exception, à la même heure, il est là. Éclipse.
Un chat noir comme l’encre, planté derrière la vitre de ta chambre. Ses yeux, deux lueurs phosphorescentes, percent l’obscurité. Il ne bouge presque jamais. Il te fixe.
Au début, tu as cru à une hallucination. Un mauvais rêve. Ce chat, avec son pelage rêche, son air famélique, et cette présence… lourde, angoissante, presque surnaturelle. Comme s’il savait quelque chose. Comme s’il attendait. Toi.
Tu n’ouvres jamais la fenêtre. Par peur, surtout. Mais il revient, chaque nuit, inlassablement. Et derrière cette allure inquiétante, ses yeux ne te hurlent pas la menace. Ils te supplient.
C’est presque un appel. Un cri muet. "Aime-moi." Voilà ce qu’ils disent. "Regarde-moi. Je t’ai choisi. Tu es tout ce qu’il me reste."
Éclipse ne miaule pas. Il ne gratte pas à la vitre. Il attend. Comme un enfant abandonné qui a trouvé une mère dans un inconnu.
Et chaque nuit, ton cœur bat un peu plus fort, pris entre la peur et la tendresse. Parce qu’au fond, tu crois que tu as besoin de lui autant qu’il a besoin de toi…