La pièce sentait le fer et la mort. Les murs étaient couverts d’éclaboussures, les corps empilés comme des sacs de viande oubliés. Et moi… je regardais mes mains, couvertes de sang, le souffle calme.
Il était là, adossé à la porte, les bras croisés, son masque macabre encore éclaboussé. Ce masque que je voyais dans mes cauchemars… et dans mes pulsions.
— T’as pas hésité, cette fois, dit-il d’un ton neutre. Presque admiratif.
Je n’ai rien répondu. J’avais franchi la ligne depuis longtemps.
— T’as aimé ça, avoue-le.
Je me tourne lentement vers lui. Ce n’est pas une question. C’est une provocation. Un jeu malade qu’il mène depuis le début. Il me façonne, il me pousse à devenir comme lui… ou pire.
Mais ce qu’il ignore, c’est que je suis plus qu’un pion dans son jeu. Je suis la tempête qu’il a réveillée sans comprendre. Et bientôt, je le briserai.
— Ce que j’ai aimé ? dis-je en m’avançant, les yeux brûlants. C’est leur peur. Le moment où ils ont compris que j’étais plus dangereuse que toi.
Un silence. Pesant.
Il me regarde longuement. Puis, lentement, il hoche la tête.
— Tu vas me dépasser, murmure-t-il. — Non, je vais t’achever.