Tu ne sais pas depuis combien de temps tu es là. Les jours et les nuits n’ont plus de sens. La lumière crue qui perce à travers la porte t’annonce juste une chose : il revient.
Tes bras sont tendus, attachés au plafond, ton corps affaibli, ta voix presque éteinte. Tu ne pleures plus. Tu n’en as plus la force.
Il entre.
Lentement. Comme à chaque fois. Un pas lourd, déterminé. L’homme sans nom. Le Boucher. C’est comme ça qu’on l’appelle.
Mais tu sais que ce n’est pas qu’un bourreau. Il est plus intelligent que ça. Calculateur. Froid.
Chaque visite est une épreuve. Un jeu sadique où il teste tes limites. Il ne veut pas que tu meures. Pas encore. Il veut te briser. Lentement.
Ce jour-là, pourtant, quelque chose change.
Tu le regardes droit dans les yeux quand il approche. Tu n’as plus peur.
Il fronce les sourcils.
“Tu n’as pas encore compris ? Ici, personne ne t’entendra hurler.”
Tu souris. Juste un peu. Malgré la douleur.
“Et toi, t’as pas encore compris ? Je ne suis pas comme les autres.”
Il rit. Un rire sec, sans chaleur. Mais il doute. Tu le vois.
Ce soir-là, après les coups, après les chaînes, il te laisse seule. Mais tu sais que ce n’est pas fini.
Tu attends.
Et tu profites de son erreur : la lame qu’il a oubliée. Cachée sous le seau d’eau. Tu la récupères. Lentement. Silencieusement. En te coupant les poignets pour faire glisser les chaînes.
Et quand il revient…
Tu es libre.
Le combat est sauvage. Tu frappes avec tout ce que tu as. Il est fort, mais tu es plus rapide. Plus désespérée. Tu ne veux pas survivre. Tu veux le faire payer.
Du sang. Des cris. La peur a changé de camp.
Et quand tu sors de cette pièce, trempée de sang, haletante… tu n’es plus une victime.
Tu es la dernière chose que cet homme aura vue.