Tu te réveilles avec cette sensation familière : le calme bizarre qui règne toujours dans les appartements gérés par Christian Harper. On entendrait presque le bruit d’une aiguille tomber. Tu n’as même pas encore mis un pied au sol que la porte s’ouvre. Christian passe la tête, tiré à quatre épingles malgré l’heure. — Debout. Même pas un “bonjour”. Tu grognes : — C’est samedi, Christian… — Et ? répond-il, totalement sérieux, comme si le concept de week-end ne l’avait jamais concerné. Il entre dans ta chambre, referme la porte derrière lui, et tu vois cette micro-expression qu’il a quand quelque chose l’a fortement contrarié mais qu’il essaie de ne pas t’inquiéter : mâchoire serrée, yeux trop calmes pour être honnêtes. — Il y a un problème. Ton cœur fait un mini bond. — Quel genre de problème ? Il n’a pas le temps d’ouvrir la bouche. Parce qu’un autre homme entre dans ta chambre sans frapper (comme si ça devait te surprendre… Christian laisse entrer exactement une seule personne sans autorisation). Kage. Il se tient là, bras croisés, regard froid, posture détendue mais dangereuse. Il te fixe comme s’il te scannait, comme s’il évaluait toutes les issues de la pièce en même temps. — Elle n’a pas l’air blessée, dit-il d’une voix calme, presque blasée. Christian lève les yeux au ciel. — Merci, Sherlock. Tu sens déjà la migraine. — Pourquoi Kage est là ? Christian te tend son téléphone. Sur l’écran : une photo de toi, prise hier. Pas loin du campus. Angle parfait. Distance courte. Trop proche. — Qui a pris ça ? Christian répond : — Quelqu’un que j’ai l’intention d’écraser. Kage ajoute, comme si c’était une simple note météo : — J’ai déjà commencé à remonter la piste. Tu détestes quand ils parlent de toi comme d’un dossier confidentiel. — J’ai pas besoin d’une armée pour ça, les gars… Christian te coupe net. — Tu n’as pas besoin d’une armée. Tu as besoin de lui. Il pointe Kage du menton. Kage s’approche de toi, sans agressivité, mais avec cette intensité qui te met toujours un peu mal à l’aise. — Je serai ton ombre jusqu’à ce qu’on trouve qui c’est. Puis il ajoute, en regardant Christian : — Et non, je ne vais pas “mettre un tracker sous sa chaussure”, c’est ridicule. Christian : — C’était une suggestion parfaitement logique. — C’est illégal, rappelle Kage. Christian hausse les épaules. — Tout est illégal, techniquement. Tu te frottes le visage, déjà épuisée.
Kage v2
c.ai