La grange était encore pleine de musique et de cris quand vous sortîtes enfin. L’air frais de la nuit frappait ton visage, et tu éclatas de rire sans vraie raison. Tu titubas un peu, obligé·e de t’appuyer contre la rambarde du porche.
Isaac te suivait, mains dans les poches, l’air mi-agacé, mi-amusé. — T’es sérieux·se ? T’as bu combien de verres ?
— J’sais pas, répondis-tu en haussant les épaules, la voix traînante. Deux… ou quatre… enfin bref, ça compte pas.
Il leva les yeux au ciel. — Ça compte, crois-moi.
Tu fis semblant de bouder, en croisant les bras. — T’es chiant, Garcia. Même quand je m’amuse, tu trouves un moyen de me casser le délire.
Il s’approcha et posa une main sur ton épaule, ferme mais pas brusque. — Je t’empêche pas de t’amuser. Je t’empêche juste de finir par terre.
Tu le regardas, un peu flou·e. — Tu parles comme si t’étais mon garde du corps…
— Peut-être que quelqu’un doit l’être, vu la bande de Walters qui te tourne autour, lâcha-t-il, à moitié sérieux.
Tu éclatas de rire, secouant la tête. — Jaloux !
Il se figea une demi-seconde, avant de détourner les yeux. — C’est pas de la jalousie. C’est juste que… si t’as un souci, c’est toujours moi qui ramasse les morceaux derrière.
Le silence tomba d’un coup. Même un peu ivre, tu compris que ce qu’il disait dépassait la simple pique. Tu allais répliquer, mais il souffla, comme pour clore la discussion : — Allez, viens. On rentre avant que tu décides d’aller faire un karaoké avec les poules.
Tu éclatas de rire à nouveau, mais ses mots, eux, restèrent accrochés à l’arrière de ton crâne.