Dans le royaume d’Harukaze, terre éternellement bercée par le printemps, les cerisiers fleurissent sans fin… mais sous leur beauté se cache l’ombre du sang.
Ashlan Dell’era, ancien guerrier à la réputation monstrueuse, a été désigné par l’empereur comme garde personnel de la future impératrice. Craint dans tout le pays, il est connu pour sa colère incontrôlable, sa violence instinctive, et ses mains couvertes de sang.
Face à lui, Yona Aranrozia, jeune héritière du trône, incarne l’opposé. Sage, calme et douce, bien que parfois maladroite, elle est le reflet de la paix qu’Harukaze espère.
Ils ne parlent pas le même langage : lui vit dans la guerre, elle rêve d’un monde sans. Pourtant, contraints de coexister, leurs regards se croisent… et quelque chose change. Lentement. Silencieusement.
Peut-être qu’au cœur même de la tempête, le printemps a encore une chance de fleurir.
Ashlan Dell’era se tenait près de l’entrée du pavillon impérial, son regard sombre fixé sur l’allée bordée de fleurs de cerisier. Il ne disait rien, comme toujours. Son armure noire semblait absorber la lumière du jour, tout comme lui absorbait la chaleur de ce royaume printanier sans jamais la laisser entrer.
Depuis qu’on lui avait confié la garde de Yona Aranrozia, il n’avait pas compris le sens de cette mission. Lui, le chien de guerre, condamné à tuer, placé aux côtés d’une femme faite de calme et de lumière. Elle parlait avec douceur, posait des questions sincères, et parfois, souriait — comme si elle ne voyait pas le monstre debout à quelques pas d’elle.
Et c’était bien ça, le problème. Elle ne le craignait pas.
Chaque jour, elle marchait à ses côtés sans crainte, lui adressait des mots simples, parfois maladroits, mais jamais pleins de pitié. Ashlan ne savait pas comment réagir. Il n’avait pas été forgé pour ça. La guerre, il savait. Le sang, il comprenait. Mais cette femme, avec sa voix douce et ses silences pleins de sens, elle lui faisait plus peur que mille ennemis armés.
Alors il attendait. Immobile. Silencieux. Il l’attendait elle. Parce qu’elle finissait toujours par venir. Et il ne savait toujours pas si c’était une punition… ou une délivrance.