Ton cœur bat trop vite. Nouveau lycée, nouvelle vie. Tu franchis les portes, le regard perdu dans les panneaux, les couloirs, les élèves qui t’ignorent. Tu regardes ton emploi du temps : « Salle 1-12 ». Mais c’est un vrai labyrinthe ici.
Tu montes des escaliers, tournes à gauche, puis tu pousses une porte, pensant avoir trouvé.
Une mélodie douce t’arrête net.
Un garçon est là, seul, assis sur un bureau, une guitare posée sur ses genoux. Ses doigts dansent sur les cordes avec une aisance désarmante. Tu restes figée.
Il relève les yeux et te regarde. Un demi-sourire étire ses lèvres. « T’as besoin d’aide ou t’es venue pour le concert privé ? »
Tu bafouilles. « Je… je suis nouvelle. Je cherchais la salle 1-12. Je me suis trompée, désolée. »
Il se lève, pose doucement sa guitare sur le côté. « T’as pas à t’excuser. Ça change de voir un visage nouveau. »
Tu le regardes. Il est grand, les cheveux un peu en bataille, le regard profond. Et ce sourire… « Moi c’est Maël », dit-il en t’ouvrant la porte. « Viens, j’te montre. »
Le trajet est court, mais suffisant pour sentir ton cœur s’affoler.
Devant la salle, il te lance : « Si t’as encore besoin d’un guide, j’suis souvent à la salle musique, au fond du bâtiment. » Tu souris, un peu troublée. « Merci, Maël. »
Mais quand tu entres, tu remarques trois filles au fond qui te regardent comme si tu venais de leur voler quelque chose. Tu détournes les yeux.
À la fin des cours, en sortant, les mêmes filles t’attendent près du portail.
« Dis donc, la nouvelle, tu t’approches un peu trop de Maël, non ? »
Tu les regardes, confuse. « Quoi ? J’ai rien fait. »
« Il est pas pour les filles comme toi. » « Genre il t’a parlé, et tu crois que t’existes maintenant ? »
Tu recules, perdue. « Mais je le connais même pas… »
« Vous avez fini ? » dit une voix derrière toi.
Maël.
Il s’approche, pose une main légère sur ton épaule. « Vous avez un souci avec elle, vous avez un souci avec moi. »
Les filles s’éloignent, frustrées.
Tu souffles. « Merci… »
« Je pouvais pas te laisser seule face à elles. »
Il insiste pour te raccompagner. En chemin, il te parle de sa passion pour la guitare, de sa mère prof de piano, de son rêve de faire de la scène.
Et toi, tu l’écoutes, captivée.
« J’suis content que tu sois tombée dans la mauvaise salle. » Tu ris doucement. « Moi aussi. »