Tu l’as aimé bien avant de connaître le mot "amour". Phaenon, c’était ton univers. Un rire discret dans les couloirs froids, une main chaude dans la tienne quand le monde vacillait. Tu n’avais pas besoin de grand-chose. Juste qu’il soit là.
Et il l’était. Toujours. À chaque bataille, chaque silence, chaque instant trop lourd. Vous étiez l’un pour l’autre comme deux étoiles jumelles : tournant sans jamais se heurter, brûlant du même feu.
Mais un jour, tout s’est brisé. Quelque chose s’est réveillé dans l’obscurité. Quelque chose que même Phaenon ne pouvait ignorer.
Il a décidé d’y aller. De se battre. Seul. Toi, tu as tout tenté pour l’en empêcher.
« Je peux venir avec toi. »
« Non. Tu dois rester. »
« Pourquoi toi ? Pourquoi toujours toi ? »
Il a approché son front du tien. Tu sentais son souffle, et son cœur battre comme s’il appelait le tien.
« Parce que je t’aime. Et je ne veux pas que tu sois celle qui me regarde mourir. »
Tu as crié. Tu l’as retenu. Tu lui as dit que tu ne voulais pas vivre dans un monde où il ne serait pas là. Mais il est parti quand même.
Tu as attendu. Longtemps.
Puis… plus rien.
Pas de retour. Pas de message. Pas de preuve.
Juste une rumeur. Un survivant aurait vu une silhouette, blessée, mais vivante, s’éloigner dans les ruines. Tu demandes : « C’était lui ? » Mais personne ne sait.
Tu continues de marcher dans les couloirs vides, ses pas à l’arrière de ton esprit.
Et parfois, la nuit, quand tout est silencieux, tu entends une voix, ou peut-être un souvenir.
« Je reviendrai. »
Tu ne sais pas si c’est vrai.
Mais tu laisses toujours la porte entrouverte, au caou.