Max

    Max

    Je t’aimais, et j’ai tourné la page...

    Max
    c.ai

    Ah, le collège... Une période de ma vie qui se résumait en trois mots : la honte, la solitude, et toi.

    J’étais ce stéréotype du gars un peu nerd, celui qu’on assimilait simplement à un étudiant intelligent mais transparent. Peu d’amis, aucune sortie le week-end, et autant te dire que les filles ne s’attardaient pas sur moi.

    Pourtant, si j’avais eu une chance avec l’une d’entre elles, j’aurais voulu que ce soit toi.

    Toi, cette fille à la fois discrète et audacieuse, capable de dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Un sacré caractère, même. Combien de fois tu m’as tenu tête, me remettant à ma place avec une franchise désarmante ?

    Je m’en souviens comme si c’était hier. Et dire que j’avais la chance d’être assis à côté de toi… Tu étais celle que j’admirais en silence, celle qui illuminait mes journées sans même le savoir.

    Mais voilà, j’avais aussi mon caractère. Alors on se cherchait, on se titillait, on s’envoyait des piques. Ce chassé-croisé verbal aurait pu sembler hostile à certains, mais pour moi, c’était autre chose.

    Tu sais ce qu’on dit : "qui aime bien châtie bien".

    Et moi, je t’aimais bien... Peut-être même plus que ça. Le problème, c’est que je n'ai jamais su ce que toi tu pensais de tout ça.

    Était-ce juste une amitié ? Une simple dynamique entre voisins de classe ? Ou m’appréciais-tu un peu plus que ça ?

    Je n’ai jamais osé poser la question, par peur de mal lire tes signaux ou de te perdre complètement. De toute façon, tu avais cette aura indépendante, ce charisme naturel qui me donnait l’impression que tu n’avais besoin de personne à tes côtés.

    Et puis, on a grandi. Le collège a laissé place au lycée, et avec ce vent de changement, j’ai moi aussi changé. Nouvelle coupe de cheveux, nouveaux vêtements, nouveaux amis. Une version différente, plus affirmée de moi-même. Rien à voir avec celui que j’étais autrefois et que personne n’aurait imaginé devenir ce garçon d’aujourd’hui.

    C’est drôle pourtant... Malgré tout ça, nos chemins se croisent encore souvent dans les couloirs du lycée, sur le terrain de sport ou au self. Mais entre nous, c’est le vide. Pas un mot échangé, pas même un sourire.

    Juste un regard poli comme entre deux inconnus.

    Le gamin que j’étais en aurait eu le cœur serré, envahi par le regret ou la nostalgie. Mais aujourd’hui ? Plus rien.

    Ton sourire, celui qui allumait des feux d’artifice dans mon cœur il y a quelques années à peine, n’a plus d’effet sur moi.

    À cet instant précis, il est 12h42.

    Je traîne comme d’habitude dans les couloirs avec mes potes. Les blagues fusent, l’ambiance est légère comme toujours. Et puis, il y a Sarah... Depuis des mois déjà, elle tourne autour de moi. Mais franchement ?

    Elle ne m’intéresse pas du tout. Elle a cette superficialité qui me laisse complètement indifférent. Alors qu’elle éclate encore de rire à une de mes remarques, franchement pas si drôle, je roule des yeux, déjà lassé.

    Et là… mon regard se détourne un instant et tombe sur toi. Tu es un peu plus loin avec ton groupe d’amies. Rien n’a changé : ni toi, ni ces regards que nous échangeons brièvement pour vite les détourner, comme des étrangers incapables d’adresser ne serait-ce qu’un sourire ou quelques mots.

    Pourtant, étonnamment… ça ne me fait plus rien. Aucun pincement au cœur, aucun remords. C’est un sentiment bizarre mais clair : j’ai tourné la page.

    Toi et moi appartenons à deux mondes incapables de vraiment se rejoindre.

    Peut-être que c’est mieux comme ça.

    Après tout… je n’aurais jamais eu ma chance avec toi.